Les exploits des RS en 1973 : La Targa Florio 1973

2ème partie : la Targa Florio 1973

3.2  Les essais :

Les meilleurs temps des essais, organisés en deux séances qualificatives le 11 mai, sont résumés ci dessous :

On voit bien l'écart entre les vrais prototypes et les autres. La meilleure des "presque" prototypes fut la Porsche de Van Lennep / H Müller (R6), mais nettement derrière et à plus de trois minutes sur un tour (de 72 Km ...). On remarquera aussi que :

- la Lancia Stratos de S Munari / JC Andruet est à 34 secondes de la RSR de Van Lennep !.

- les RSR tournent à peu près dans les même temps que les Chevron, qui sont quand même plus pistardes que routières. Voir ci dessous une Chevron derrière la RSR de Steckönig/Pucci juste un peu avant les stands à Floriopolis :

- la belle dixième place de la RSR privée de F.Quist - Jurgen Zink.

Les essais sont déjà à l'origine de l'élimination de trois prototypes 3 litres prétendant à la victoire, et cela aurait pu être pire.

- Regazzoni, pilote Ferrari F1 et Sport en 1972, qui a rejoint l'équipe Alfa Roméo durant l'intersaison, démolit la 33TT12 toute neuve qu'il devait partager avec Carlo Facetti.On la voit ci dessous encore sur site et livrée aux collezionisti avant que ses restes soient ramassés et mis en lieu plus sur.

- de Adamich, sur l'autre TT12, va lui aussi se mettre à la faute mais moins violemment. Sur cette voiture déjà accidentée à Spa lors de ses débuts, les dégâts se résument à quelques éléments de suspension et un capot à changer tandis que l'autre 33TT12 est définitivement éliminée.

C'est dommage car Regazzoni avait rapidement pris la mesure de son auto et du circuit qu'il découvrait et son troisième temps présageait d'une belle course d'autant que les techniciens d'Alfa venaient enfin de trouver la raison des problèmes d'injection qui avaient perturbé la bonne marche des voitures par ailleurs efficaces. Chitti pensa un moment doter la 33TT3 V8 de "Pam" (engagée par Brescia Corse) du 12 cylindres de la voiture de Regazzoni, mais le montage, qui posait des problèmes d'adaptation, ne se fit pas car la voiture en difficulté mécanique (pression d'huile) n'avait pas réalisé aux essais le moindre tour chronométré indispensable pour être admis au départ. De ce fait, il ne restait au départ qu'un des trois prototypes Alfa présents.

L'équipe Ferrari dirigée comme en 1972 par Cesare Fiorio est un peu mieux lotie, même si la 312 PB conduite par Ickx, qui débute à la Targa, et par le bouillant Merzario est aperçue un moment sans capot à l'avant, suite à des sorties de route.

 

La même mésaventure touche Redman au volant du mulet très fortement sollicité par Vacarella, le héros local en manque de compétition et pourtant intégré à l'équipe compte tenu de sa popularité bien sûr, mais aussi de sa grande connaissance de l'épreuve et de son immense talent. Les essais se terminent sur le meilleurs temps absolu réalisé par Merzario en deux tours seulement suite à des problèmes de pompe à essence. Ickx est quant à lui crédité du 4e temps, ce qui lui vaut de s'élancer en 3e en raison de la destruction de l'Alfa de Regazzoni.

Pour Porsche lors des essais, il y a du bon et du moins bon.

Le moins bon : deux autos sont éliminées lors des essais

- La 908/3 inscrite, engagée à titre privé pour les suisses Haldi et Chenevière, a été victime très tôt pendant les essais d'une chute de pression d'huile.

- La RSR d'usine R8 engagée en GT, a été détruite par Giulio Pucci (fils du baron Antonio Pucci, victorieux de la Targa Florio 1964 sur Porsche 904). L'auto est irréparable et va être démontée pour en extraire le plus d'élément possible pour permettre de construire sur place une RSR compétitive sur la base du châssis 911 230 841. L'auto sera ensuite inscrite en Prototype et portera le numéro de course 107 en lieu et place de R8.

Plusieurs éléments les distinguent : R8 n'a pas de trappe à huile sur son aile arrière gauche. Les vitres arrière des RSR d'usines étaient fixe. Elles n'ont pas les mêmes décors "Martini Racing" comme on le voit ci dessous :

R8 : pas de trappe à huile, livrée Martini Racing identique à celle de R6

R6 :

 

911 230 841 : trappe à huile et livrée Martini Racing différente sur le coté et l'aileron arrière.

911 230 841: vitre arrière non fixe

R8 détruite : livrée Martini Racing conforme à celle de R6 et vitre arrière fixe.

Le meilleurs :

La transformation de 230 0841 en RSR, amena finalement 3 RSR au départ en Prototype:

- Müller/Van Lennep réalisent le 5e temps,

- Steckkonig/Pucci le 8e

- et Kinnunen/Haldi le 15e.

La RSR de Quist/Zink réussis le 10e temps absolu, et réalise le premier temsp en GT.

Parmi les autres performances de choix, il faut encore parler du 7e temps de la Chevron B23L des italiens "Amphicar" Eugenio Renna/Randazzo, du 9e de la B21 de Nesti/Morelli qui n'est dotée que d'un Cosworth 1600 et du 13e de l'Alpine A110 de Paleari/Schoen qui constitue le 2e temps des GT.

Il faut enfin remarquer que plus de 13' séparent la Ferrari 312PB la plus rapide de la Lancia Fulvia HF, détentrice du 80e temps des partants. L'écart qui constitue un véritable gouffre n'est pas finalement si impressionnant, si on considère la longueur du circuit et les différences de conception des autos, d'expérience et de classe des équipages. Il met quand même en lumière un danger supplémentaire que rencontrent les pilotes les plus rapides pour lesquels les plus lentes constituent de véritables chicanes mobiles .... comme si les difficultés naturelles du terrain ne suffisaient pas.



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Commentaires:

  1. Le document est détaillé, intéressant et l'auteur a fait des recherches approfondies.
    La Targa Florio illustre l'époque où les pilotes étaient des dieux et où l'automobile faisait rêver.

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