Les exploits des RS en 1973 : 24 h de Daytona 1973

1ère partie : les 24 heures de Daytona

C'est alors que la Porsche de Gregg/Haywood fut contrainte par les commissaires de retourner au stand pour une phare endommagé. La piste commençait à s'abimer à certains endroits, ce qui n'était pas nouveau à Daytona. De petits morceaux d’asphalte étaient projetés en l'air par les voitures, ce qui endommageait veilleuses, phares et pare brises de nombreuses d'entre elles. En 1967 par exemple, la Chaparral 2F de Phil Hill et Mike Spence fut contrainte à l'abandon sur accident pour les mêmes raisons. La Porsche de Brumos retourna toutefois sur la piste après une réparation de fortune, mais la Porsche de Penske avait maintenant deux tours d'avance sur elle. Toutefois la Porsche de Brumos avait une chose que celle de Penske n'avait pas : des pneus racing. Elle était plus rapide de quelques secondes au tour et revenait donc sur la Porsche de Penske. Pendant ce temps là, la Matra continuait sa promenade de santé, avec le bruit si caractéristique de son V12.

Juste après minuit (à 0h30 pour être précis), le dimanche matin donc, le V12 s'est tu de manière inexplicable au 267ème tour. François Cevert était à son volant et la laissa rouler sur son elan jusqu'à l'arrêt. Il sorti et souleva le capot pour s’apercevoir à sa grande surprise qu'une bielle était passé à travers du carter moteur. Pourtant le moteur de la Matra pouvait monter à 8500 t/mn et n'avait pas été sollicité outre mesure.

matra 10 matra lors des essais de nuit
La stratégie de Matra était pourtant de rester en compagnie des leaders de la course et de ne se battre pour la victoire qu'à la toute fin de l'épreuve. Elle a failli marcher !. Crédit photo Louis Galanos. Francois Cevert attend son tour alors que JP Beltoise s'apprête  à sortir des stands pour une séance d'essais de nuit. Crédit photo Fred Lewis.

C'est ce moment que choisit la Mirage de Bell/Ganley pour abandonner après avoir consommé son deuxième embrayage !. Les espoirs se reportèrent dès lors sur celle de Hailwood/Watson, mais, après avoir passé deux heures aux stands pour de nouvelles réparations, ils étaient loin au classement . Au stand aussi se trouvait, et ce pour la nème fois, la Ford Lola T282 à cause d'une poulie d'alternateur hors d'usage. Les stands n'en ayant pas de rechange, la Lola passa y passa une demi heure pour changer sa batterie par une batterie chargée. Mais à 2h30 du matin, le moteur de la voiture  commenca à ratatouiller contraignant ses pilotes à l'abandon après 281 tours.

Personne n'aurait pu prévoir que les prototypes grands favoris de cette édition se trouveraient hors course après seulement 12 heures. La tête de la course revint alors à la Porsche Carrera 911 RS de Donohue/Follmer. Elle n'avait que deux tours d'avance sur celle de Brumos de Gregg/Haywood, et celle ci avait le potentiel pour rattraper ce retard. Toutefois elle perdit beaucoup de temps pour un changement de plaquette de frein. A la troisième place se trouvait à présent la Ferrari Daytona de Merzario/Jarrier, mais à 18 tours du leader...., avec en quatrième place celle de Minter/Migault. Ensuite, en cinquième place mais dans le même tour, se trouvait la Corvette de Dave Heinz/Bob McLure/Dana English. La Ferrari du NART de Andruet/ Ballot-Léna était déjà hors course après son crash sur le banking ouest. Ballot-Léna s'en sortait indemne: la chance avait été avec lui car la voiture avait vraiment été pliée. Luigi Chinetti Jr. raconte que Ballot-Léna déclara à son père en revenant aux stands qu'il était entièrement responsable de cet accident, allant jusqu'à déclarer qu'il souhaitait payer la réparation des domages causés à la voiture.

mirage 1 ter ferrari de Ballot léna bis ferrari de Ballot léna
Elle avait beau être belle, mais la Mirage de Bell/Ganley fut trop contrainte de revenir aux stands pour prétendre à la victoire. Après un deuxième embrayage mis hors d'usage elle fut contrainte à l'abandon. Crédit photo  Louis Galanos. Claude Ballot-Lena était au volant de cette Ferrari au moment de son accident . Heureusement pour lui elle était une conduite à droite !. Crédit photo Louis Galanos. La même vue sous un autre angle. Crédit photo Louis Galanos.

Durant les 5 heures qui suivirent, il n'y eut pas de grand changement au classement : la Porsche Penske en tête suivie de celle de Brumos. La Mirage de Watson/Hailwood, bien plus rapide, gagnait du terrain surtout grâce aux talents de pilote de John Watson.

A 5 heure du matin Mark Donhue fit un arrêt programmé au stand pour faire le plein, changer ses pneus, et un changement de pilote. A l'arrêt programmé précédant on a commencé à s'inquiéter de la bonne santé du moteur de sa Porsche. 

Durant les essais de nuits Mark Donohue indique à son copilote George Follmer où s'arrêter . John Watson a fait de même pour Mike Hailwood sur la Mirage, mais avec moins de succès puisqu'ils terminèrent en face du stand de Matra ....  . Crédit photo Fred Lewis. George Follmer attend la fin de l'intervention de servicing au stand avant de repartir pour les essais de nuit. Crédit photo Fred Lewis.

Lorsqu'il rejoignit la piste après son arrêt George Follmer n'avait plus qu'un tour d'avance sur la Porsche de Brumos. Un quart d'heure après, le moteur de sa Porsche commença à fumer, mais il continua sa course pour deux tours encore, avant de rejoindre l'entrée des stands. Arrivée au stand la voiture commença à émettre un épais nuage de fumée forçant les pompiers de service à intervenir. Après avoir mené la course pendant 5 heures, la Porsche de Penske abandonna avec un piston crevé. Du coup, la Porsche 911 Carrera RS de Gregg/Haywood se retrouvait en tête avec une avance confortable de 35 tours sur le second à 9 heures de la fin de la course. Quand on demanda à Hurley Haywood ce qu'il pensait de l'abandon de la Porsche de Penske, il déclara " Je n'étais pas là quand les mécaniciens de Penske ont démonté le moteur après la course, mais j'ai l'impression que le problème moteur dont ils ont souffert pourrait être lié au problème du desserrage du volant moteur que nous avions identifié et réglé avant la course". Mais  on trouve d'autres versions concernant cet incident moteur. Norbert Singer qui mentionne dans son livre 24:16 précise qu'il s'agissait du bris d'un piston. Marc Donohue raconte que Porsche lui a dit bien après la course qu'une soupape d'échappement mal usinée avait brulé après 18 heures de course.

Avec le retrait de la Porsche de Penske, l'espoir renaissait dans le stand des Mirage. Après un arrêt au stand rapide la Mirage de Watson/Hailwood était maintenant en 11 ème place. Il suffisait que la Porsche de Brumos rencontre un quelconque problème mécanique pour que la Mirage puisse refaire son retard durant le temps qui restait avant la fin de la course. Malheureusement le sort devait en décider autrement, puisque la suspension de la Mirage cassa au 366ème tour, alors que Watson la menait à 288 km/h dans un des deux banking. La voiture partit alors en toupie, explosa sa partie avant sur une glissière avant de finir en bas de la piste. Quand on demanda à Watson à quoi il avait pensé au moment de l'accident, il répondit "à tous mes futures anniversaires qui avaient lieu au même instant".

suspension de la Mirage
La suspension de la Mirage fautive telle qu'elle était avant le départ de la course. Crédit photo Richard A. Reeves



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