Très vite, trop vite Eric !

Fin octobre, Eric Coicaud nous a quittés...

Trop vite comme cette opération qui supprime un nom sur la liste des membres du Club en un clic…telle la pierre lancée dans le lac dont le dessin parfait de l’impact disparaît en un instant. Eric, en cette fin d’année, tu nous manques déjà…  

Un membre du Club, un ami pour certains, dont le souvenir s’effacera doucement jusqu’à ne plus exister. Mais pourtant Eric, comment est-ce possible, un être vivant, enthousiaste, qui en temps record s’était construit une culture Porsche, toujours à la recherche du Graal, perfectionniste exigeant à l’extrême, c’est trop stupide de nous faire le coup de la disparition…

Passionné, passionnant, occupant l’espace comme peu, nous ne pouvions pas échapper à ta sincérité. Regarde la nouvelle auto que je viens d’acheter, quelle couleur ! le bleu mexico lui va si bien. Ce speedster est une pure merveille. Un soleil brûlant étincelait dans ses yeux, Eric, un instant, était en lévitation et nous simples spectateurs, nous pensions à la première rencontre qu’il était illuminé, un peu fou. Mais pas du tout, l’homme à la longue s’avérait bien ancré au fond, inébranlable. Sous un abord un peu distant, Eric appartenait à la race des gentils dotés d’une empathie remarquable pour tous ceux qui le côtoyaient. 

Pour ma part, je me souviens du jour, où ému, il m’avait remis les clés de sa 964 rs ‘rouge indien’ que je venais de lui acheter : tu vois dans quel état est ma voiture, garde la telle qu’elle est, j’aimerais bien la revoir de temps en temps.

Une année, premier à entrer dans le salon d’Essen, Eric tombe sur une 993 GT2, son cœur s’arrête de battre, d’une main il attrape son téléphone pour appeler son ami Raymond Narac, de l’autre il immobilise le vendeur : Alors Raymond, je ne peux pas laisser cette auto, d’accord son prix ‘pique un peu’ mais je sais que tu en feras une super auto, je la prends.

Eric était aussi un homme adorable, et juste pour nous faire plaisir, prêt à faire des kilomètres pour nous rendre heureux en nous amenant une de ses autos de rêve. Certains se souviendront des mille kilomètres qu’il avait fait pour assister à notre AG à Nuits Saint Georges avec sa 993 RSCS restaurée au dernier boulon, non pas pour nous montrer son dernier achat mais juste parce que je lui avais demandé la présence de cette auto pour célébrer l’arrivée des 993 rs dans le Club. D’autres ont encore le son de l’échappement de sa 918 dans la tête, lors du rallye de Normandie (cet enregistrement me sert encore de sonnerie de téléphone). Membre du Motorsport où il avait couru, Eric m’avait embarqué à bord de sa Carrera GT pour ouvrir la piste à Magny Cours. Bon pilote, il avait rapidement semé la meute qui s’échauffait derrière nous. Dans un grand et large sourire il m’avait simplement dit : ça pousse hein ! Dans ces moments la vitesse devenait sa ‘came’, son credo. Vite, plus vite...

Eric avait aussi une face moins connue, celle d’un amateur d’art. Il ne lui déplaisait pas de montrer une statue ou une peinture chez lui ou à son bureau et de commenter l’œuvre en détail. Là, on était aussi devant un collectionneur passionné et sensible, prêt à défendre ses choix et à entreprendre avec son visiteur un chemin toujours agréable à parcourir.

Enthousiaste, il l’était, mais son rythme de vie, dur au travail, toujours sur la passerelle, infatigable bosseur en faisait un homme pressé, tendu. Le stress s’était emparé de lui et au moment où sagement, à 54 ans,  il avait décidé de cesser en partie ses activités professionnelles il nous convoque à l’église de Sainte Adresse pour pleurer sur son corps.  Abasourdis nous sommes sortis de la cérémonie, sans bien comprendre qu’il était parti vite, trop vite, en nous laissant à nos souvenirs, nos pensées, notre incompréhension...  

29 Novembre 2017 

 


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Commentaires:

  1. Bravo Jean Claude pour cet hommage, je garderais en souvenir notre dernier échange « un coup de 300km/h sur une autoroute au Portugal entre Lagos et Villa Mora, tu verras c’est le top »
    Patrick V

  2. Oui, évidemment bien bel hommage à Eric qui depuis sa brutale disparition, combien de nos pensées ! se rejoignent dans la tristesse.... chopin Etude op.10 no.3 ''tristesse'' mais il est vraiment très difficile à jouer ! d'après les interprètes. Pour nous tous le mot qui revient : LA TRISTESSE. Le club perd un homme sympathique et très attachant.
    Daniel.

  3. Que dire à part une énorme tristesse et chagrin le voir partir si vite un homme plein ce hie joie projets toujours avec ses bébés (Porsche) c’était sa fierté les deux dernières années vécu à ses côtés j’ai pu voir comme Éric était un personnalisé gentil sincère fidèle aimable aimant ses amis sa famille et sans oublier ses potaches et ses ouvres d’art pour lequel il était également un expert je n’oublierai jamais nos vacances au Portugal avec la Porsche rouge indien cabriolet il était si fier de sa voiture que c’était son enfant il pleurait de noire avec le bruit moteur dans les tunnels il fallait visiter toutes centres Porsche au Portugal pour qu’il parle de la marque pour qu’il montre sa fierté ses projets après enlever un peu le pied concernant son travail construire une vila à Lagos Portugal avec la plus belle garage pour ses potaches toutes plus belles que les autres je n’arrive pas à croire encore qu’il est parti j’ai toujours dans la mémoire mon réveil à 4h du matin le 19 octobre avec son AVC et incroyablement il disait toujours “suis bien “ et on partant avec les pompiers il a fait un câlin à sa dernière Porsche jeune et verte comme s’il le disait aurevoir à jamais ! Tristesse et chagrin oui j’en ai beaucoup il mérite être encore présent parmis nous car il avait un cœur en or une gentillesse en diamant !!! Comme Éric il n’a pas beaucoup sur cette planète

    1. Bonjour Fernanda

      Merci pour ce témoignage émouvant. Sachez qu’Eric est toujours aussi présent dans nos mémoires.

      Nos amitiés

      Patrick

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